Raphaël Glucksmann : biographie, parcours politique et ambitions pour 2027

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Raphaël Glucksmann est une figure montante de la gauche française. Né en 1979, ce député européen et co-président de Place publique incarne une social-démocratie pro-européenne. Son ascension récente, marquée par un score de 13,8 % aux européennes de 2024, le positionne comme un acteur clé pour l’élection présidentielle de 2027.

Fils du philosophe André Glucksmann, Raphaël grandit dans un milieu intellectuel. Sa mère, Françoise Glucksmann, et sa grand-mère, la philosophe Jeannette Colombel, renforcent cet héritage. Issu d’une famille juive ashkénaze, il naît le 15 octobre 1979 à Boulogne-Billancourt. Son grand-père paternel, Rubin Glucksmann, espion soviétique, trouve la mort en 1940 lors d’une opération en mer d’Irlande.

Il suit un parcours scolaire brillant : lycée Lamartine, puis classes préparatoires au lycée Henri-IV. De 1999 à 2003, il intègre Sciences Po Paris. Ces années forgent son engagement précoce.

Des documentaires aux chroniques : les débuts journalistiques

Avant la politique, Raphaël Glucksmann se tourne vers le journalisme. En 2003, il séjourne sept mois en Algérie au Soir d’Algérie. La même année, il fonde Études sans frontières, aidant neuf étudiants tchétchènes à étudier à Paris.

Il réalise des documentaires marquants. En 2004, avec David Hazan, Tuez-les tous ! dénonce le rôle français dans le génocide rwandais. Édouard Balladur et Hubert Védrine exercent des droits de réponse. L’hiver suivant, il couvre la Révolution orange en Ukraine depuis la place de l’Indépendance à Kiev.

Il contribue à la revue Le Meilleur des Mondes (2006-2008), proche des néoconservateurs pro-américains. En 2017, il devient chroniqueur dans Questions politiques sur France Inter et France Info. Un débat houleux avec Natacha Polony sur le Rwanda mène à une plainte pour contestation de génocide, classée sans suite en 2022. De décembre 2017 à août 2018, il dirige Le Nouveau Magazine littéraire, mais quitte le poste après des désaccords éditoriaux.

Vie privée : entre Géorgie, Ukraine et médias

En 2009, il épouse Eka Zgouladze, vice-ministre géorgienne de l’Intérieur, naturalisée ukrainienne par la suite. Ils ont un fils en 2011. Le couple s’installe en Ukraine en 2012. Depuis 2015, il est en couple avec la journaliste Léa Salamé, rencontrée sur On n’est pas couché. Leur fils naît en 2017. Récemment, la nomination de Léa Salamé au 20 heures de France 2 soulève des questions de conflits d’intérêts potentiels.

Premier pas en politique : de la droite libérale à l’Est européen

En 2006, il flirte avec Alternative libérale, parti atlantiste, pour les législatives de 2007 dans le 5e arrondissement de Paris. Il se retire avant le dépôt des candidatures, en désaccord sur la Sécurité sociale.

Son engagement s’intensifie en Europe de l’Est. En 2008, après la guerre en Ossétie du Sud, il conseille Mikheil Saakachvili, président géorgien. De 2009 à 2012, il est conseiller spécial, promouvant l’intégration européenne et OTAN. Il ouvre une Maison de l’Europe à Tbilissi et rédige des discours. En 2013, il soutient Euromaïdan en Ukraine, conseillant Vitali Klitschko.

Place publique et percée européenne

En 2018, il lance Place publique pour unir une gauche pro-européenne. Allié au PS et Nouvelle Donne, il est élu député européen en 2019 avec 6,2 % des voix. Réélu en 2024 en tête de la gauche (13,8 %), il siège au groupe S&D.

Au Parlement, il est vice-président de la sous-commission des droits de l’homme, membre des commissions Affaires étrangères et Commerce international. Il préside la commission spéciale sur les ingérences étrangères. Ses combats : fédéralisme européen, Pacte vert, intégration ukrainienne, réforme de Dublin III, défense des Ouïghours.

Ambitions nationales et tensions à gauche

En 2022, il soutient la NUPES sans enthousiasme. Face au Nouveau Front populaire post-dissolution, il accepte à contrecœur, obtenant des garanties sur l’Ukraine et l’antisémitisme. Place publique n’obtient qu’un député.

Il refuse les candidatures LFI, priorisant les principes sur les alliances. À l’approche des municipales 2026, il préfère perdre des mairies plutôt que des listes communes avec les insoumis. En mai 2025, il vise la présidentielle 2027 sans primaire.

Le 22 juin 2025, il présente l’acte 1 de sa vision pour la France : 50 propositions centrées sur le travail, élaborées avec 200 experts et 2000 militants. Un acte 2 est prévu en octobre 2025, un projet final en juin 2026. Il cible un pôle démocrate, social et écologiste, en opposition à LFI.

  • Europe forte : fédéralisme et intégration Ukraine.
  • Écologie : soutien au Pacte vert.
  • Droits humains : Ouïghours, ingérences étrangères.
  • Social : focus sur les travailleurs.

Proche de François Hollande et Bernard Cazeneuve depuis novembre 2025, il multiplie les meetings. Sondages le placent bien à gauche, mais des tensions persistent avec le PS et Ruffin.

Son parcours illustre une gauche réformiste, europhile et atlantiste. À 46 ans, Raphaël Glucksmann pourrait redessiner le paysage politique français d’ici 2027.

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