Laurent Nuñez est au cœur de la sécurité française. Nommé ministre de l’Intérieur en octobre 2025, ce haut fonctionnaire chevronné cumule plus de 25 ans d’expérience dans les services de renseignement et les forces de l’ordre. Son ascension rapide intrigue autant qu’elle rassure face aux défis actuels.
Qui est Laurent Nuñez ? Né le 19 février 1964 à Bourges, dans le Cher, de parents pieds-noirs originaires d’Oran, il grandit dans un contexte modeste. Fils d’immigrés espagnols rapatriés en 1962, il suit un parcours académique solide : maîtrise en droit et DESS en gestion des collectivités locales. Initialement inspecteur des impôts à Bercy, il rêve de devenir commissaire de police. Mais c’est via le concours interne de l’ENA, promotion « Cyrano de Bergerac » en 1999, qu’il intègre le ministère de l’Intérieur comme administrateur civil.
Un parcours administratif forgé sur le terrain
Son premier poste à la direction générale des collectivités locales (DGCL) le mène vite au terrain. En 2001, il devient sous-préfet à Vesoul, en Haute-Saône, où il gère les enjeux industriels (comme chez Peugeot) et ruraux (élevage laitier). De retour à Paris en 2005, il pilote la gestion des carrières préfectorales. En 2008, il rejoint le cabinet du préfet de Seine-Saint-Denis, Claude Baland, affrontant les tensions urbaines.
De 2010 à 2012, sous-préfet de Bayonne au Pays basque, il supervise la démilitarisation de l’ETA, un avant-goût de la lutte antiterroriste. En 2012, il intègre la préfecture de police de Paris comme directeur de cabinet de Bernard Boucault. Période intense : manifestations de La Manif pour tous et attentats de Charlie Hebdo (janvier 2015) et Hyper Cacher. Ses supérieurs saluent alors son opérationnalité et ses compétences managériales.
De Marseille à la DGSI : une expertise en sécurité
Nommé préfet de police des Bouches-du-Rhône de 2015 à 2017, Laurent Nuñez combat le narcotrafic et les règlements de comptes à Marseille. En 2016, lors des grèves contre la loi Travail, il supervise l’évacuation du terminal pétrolier de Fos-sur-Mer, avec interventions de CRS, canon à eau et gaz lacrymogènes, causant des blessés chez les grévistes.
Le 6 juillet 2017, Emmanuel Macron le nomme directeur général de la DGSI, succédant à Patrick Calvar. À la tête de 4 000 agents à Levallois-Perret, il impulse une politique d’ouverture et de communication, contrairement à son prédécesseur. Il coordonne police, gendarmerie et renseignement contre le terrorisme post-attentats.
Entrée en politique : secrétaire d’État et au-delà
Le 16 octobre 2018, il devient secrétaire d’État auprès de Christophe Castaner, formant un tandem complémentaire : Castaner politique, Nuñez expert sécurité. Il gère les Gilets jaunes, avec auditions au Sénat. Le 22 mai 2020, il accède au poste stratégique de coordonnateur national du renseignement et de la lutte antiterroriste, succédant à Pierre de Bousquet de Florian.
Le 21 juillet 2022, Gérald Darmanin le propulse préfet de police de Paris, remplaçant Didier Lallement critiqué. Il défend la BRAV-M en 2023, brigade controversée pour ses méthodes lors des Gilets jaunes et de la réforme des retraites (sept blessés graves). Patrice Faure lui succède en 2025 à ce poste.
Ministre de l’Intérieur : défis et controverses
Le 12 octobre 2025, dans le gouvernement Lecornu II, Laurent Nuñez est nommé ministre de l’Intérieur. Intégré au corps des administrateurs de l’État au troisième grade dès janvier 2023, il passe du statut de haut fonctionnaire à celui de politique. Le 21 octobre 2025, il s’exprime à l’Assemblée sur l’ordre public, évoquant plus d’un millier d’expulsions en 2024 pour troubles.
En novembre 2025, lors de la manifestation de Sainte-Soline, des vidéos révèlent des « tirs tendus » de grenades par les gendarmes. Nuñez refuse le terme « violence policière », commande une enquête administrative et condamne les pratiques illégales. Ces événements soulignent les tensions persistantes.
Les forces et défis de Laurent Nuñez
- Expertise reconnue : Coordination renseignement-police, lutte antiterroriste, narcotrafic.
- Style : Travailleur acharné, adepte du collectif, communicant.
- Critiques : Gestion musclée des manifestations (Fos-sur-Mer, BRAV-M).
- Chiffres clés : 4 000 agents DGSI ; 1 000+ expulsions en 2024.
Amateur de corrida, proche d’Emmanuel Macron, Nuñez navigue entre administration et politique. Son mandat ministériel, en cours depuis fin 2025, reste à évaluer face à l’évolution des menaces sécuritaires. Sources : Wikipédia, Le Monde, sites officiels du gouvernement.
Que réserve l’avenir à ce préfet-politicien ? Les prochaines élections municipales de 2026 pourraient tester sa popularité.